Quand j’ai commencé à lire sur la création d’entreprise, il y avait toujours un chapitre sur la vie privée. Je ne m’en préoccupais pas puisque ma vie privée est, comment dire… un « évènement annulé ». Pas de mec, pas d’enfant, une famille qui est au abonnée absente. Ma famille ce sont mes ami.es et mes amants. J’ai choisi une vie de célibattante, une forme de liberté, alors le chapitre sur la gestion du mari et des gosses, je l’ai zappé. Grosse erreur !
En plein dedans
Etre célibattante ne signifie pas être nonne ! Les sorties entre potes, les rencontres d’un soir ou plus, font partie aussi de ma vie. Il faut caser le temps de la rencontre, le temps à consacrer à l’autre. Beaucoup pensent qu’être son propre patron c’est travailler comme on veut. Alors oui, l’emploi du temps peut être modulable mais pas les horaires, ni la ligne du temps. Il y a beaucoup de travail comme je l’ai expliqué déjà et le réexpliquerai encore.
Oui je peux me dégager une après midi ou une soirée par semaine, grand maximum. Mais ce temps je ne le consacre pas à bosser. Et de ce temps je ne peux pas le sacrifier pour un rdv raté, un lapin. Alors oui pour le savoir, il faut y aller. C’est pourquoi, je suis hyper vigilante, hyper curieuse et hyper exigeante. Lors du rdv, c’est un moment de détente que j’attends. Un moment où l’ont voit le temps passé se demandant ce que je fais ici, alors que j’ai autre chose à faire, bien comment dire, le rdv – pour n’importe qui, je pense – je dirai est foutu. Faut pas se mentir, quand on est freelance, auto entrepreneuse, c’est pire. Tout comme organiser ledit rdv, un effort de la part de l’autre doit être fait. Cela me rappelle une anecdote. J’informe l’homme que je suis dispo la semaine prochaine sauf le lundi et le mercredi. Et que me répond-il « lundi ! » Je lui rappelle mes indisponibilités, il me lance « mercredi ». Croyez moi, cette personne, je ne l’ai a jamais rencontrée. Qu’il fasse exprès ou non, il me fait perdre mon temps inutilement et épuise mon énergie. Je veux bien prendre la patience avec un client, mais pas pour un homme.
De l’autre coté du miroir
Pour comprendre, mettons nous tous dans mes baskets. Chaque week-end, je planifie ma semaine avec un ou deux jours où mon emploi du temps est flottant, pour le « au cas où », le manque de motivation, ou un coup de fatigue, la galère à gérer ou l’urgence non vitale en soi, mais vital pour le client. Je gère tout, toute seule. Je dois penser à tout, voir les tenants et les aboutissants, jauger le positif et le négatif, trouver les idées, s’organiser, faire les tâches qu’on aime et les ingrates. Je développe très bien dans d’autres articles et dans les futures toutes les taches qu’un photographe gère en plus du shooting, je ne vais pas y revenir. La charge mentale professionnelle, je la supporte. Croire qu’on est auto entrepreneuse nous pouvons faire ce qu’on veut quand on veut car on peut gérer le temps comme on veut, cette croyance est décuplé quand on travaille de chez soi. Certes, nous n’avons pas à nous justifier si on mange à 15h au lieu de 13h. Mais nous avons aussi du travail à abattre, nous avons des délais à respecter. J’irai même plus loin, nous bossons plus que les horaires de bureaux traditionnels, car nous pensons n’avoir fait pas assez ou qu’on a pris du retard dans nos taches. Peut être à cause de la copine qui nous a tenu la jambe pendant 3 heures au téléphone, car elle s’ennuie en RTT. La copine est en RTT, pas nous !
Charge mentale des femmes
Si vous êtes anti féministes, fermez la fenêtre ou passez au paragraphe suivant.
Il est, malgré une légère évolution, encore bien ancré que les hommes laissent les femmes tout gérer. Parce qu’ils ne savent pas, ils ne veulent pas se prendre la tête ou on la réflexion « si je fais, ça sera jamais comme elle veut, autant qu’elle le fasse ! » c’est entendable ! Ce qui peut être aussi entendable c’est alléger un peu la charge. Si je vous demande « que souhaites-tu faire ? » sortez vos idées. Evitez la réponse « comme tu veux ». Cela marche sur les autres femmes mais moi ça m’exaspère ! Si je vous demande soit je veux votre avis, soit je n’ai pas d’idées, soit je veux qu’on décide ensemble. Alors un effort ! Un peu d’imagination ! C’est toujours agréable de sentir que vous êtes impliqués, intéressés par ce rdv ! Et ce n’est qu’un exemple.
Charge mentale II
On va continuer sur la charge mentale des femmes, désolée.
Je n’ose imaginer les mumpreneuses qui doivent gérer leur entreprise, les enfants, le mari et la vie de femme et la vie de la maisonnée. La charge mentale est très présente, quand la femme est salariée. Mais que dire quand elle est entrepreneuse. Sous prétexte, qu’elle travaille à la maison ou qu’elle puisse adapter son agenda, je n’ose imaginer. Mettre de vraies barrières, tout en demandant à monsieur de faire vraiment sa partie de père de famille et mari à savoir prendre la charge mentale à 50%. Car oui, si votre femme doit vous demander de faire la confirmation d’un rdv médical pour le petit dernier, ou que vous demandez ce que vous devez préparer au diner, ou l’activité du weekend, ou vous demandez de faire le ménage, même si vous le faites de gaité de cœur, cela ne dégage qu’une partie de la charge mentale. Le mieux est de le faire sans attendre l’autorisation ou lui demander.
Croyez-moi, messieurs, vous ne souhaiterez pas avoir à tout faire à la maison car une femme en burn out doit être au repose total pour guérir et recharger ses batteries !
Si vous êtes le mari d’une entrepreneuse, aidez-la dans les tâches ménagères et dans l’éducation des enfants, en prenant une partie de la charge mentale. Vous avez eu la chance de réussir professionnellement, votre femme veut la même chance.
Cela peut être allé chercher les enfants, faire les courses et la lessive (sans se tromper !)
Cela peut être joué avec les enfants, les aider aux devoirs et passer l’aspirateur.
Cela peut être préparé le repas, l’écouter, la prendre dans vos bras et essayer de lui apporter des idées ou votre avis sur un projet.
Parfois, c’est trois fois rien qui fait la différence.
Mais aussi l’échec d’une entreprise (qu’importe la cause) peut impacter la vie de famille et financière avec des reproches des deux cotés du couple. L’échec peut s’insinuer dans le couple, le déchirant.
Se protéger et protéger l’autre, sont donc indispensable.
C’est pourquoi, je me protège (beaucoup), je saborde, je ne baisse pas les armes tout simplement car j’ai peur de devenir vulnérable et si cela ne fonctionne pas, je me perds. Cela a donc un impact sur mon entreprise.
Une rupture impacte forcément sur la vie professionnelle. Même si on compartimente, il y a des bouts qui trainent, car on est humain avec un cœur. Quand on est salarié, on a pas toujours la possibilité de poser un jour de congés, ni ralentir la cadence. Mais il y a un début et une fin de journée, et avec un salaire (sauf si on craque totalement en faisant une faute lourde ou en démissionnant.)
Quand nous sommes auto entrepreneuse, nous n’avons pas la collègue qui peut rattraper l’erreur, ou trouver une motivation. On reste seule, parfois on ne sort pas de chez nous car notre bureau est à domicile. La motivation vient uniquement de nous. Personne à qui vider son sac à la machine à café. Oui il y a le psy, mais il faut avoir les moyens et ce n’est pas toujours la solution. La dépression peut s’installer et impacter sur le travail, par extension mettre en danger son entreprise.
Et quand on est célibataire
Même quand on est célibattante, il n’y a personne qui peut prendre le relais, les courses, le ménage, la lessive etc. les taches ménagères nous sont imposées automatiquement et parfois quand on est en plein travail, se dire qu’il faut arrêter pour se préparer à manger, certes les plats préparés sont les bienvenus, mais ne se réchauffent pas tout seuls !
Quand votre BFF vient vous rendre visite et découvre l’étendu des dégâts, on est ravie et soulagée qu’il fasse la vaisselle et le repas.
Oui, je fais les courses en pleine journée, j’évite l’heure du midi ou de sortie de bureau pour « prendre mon bain de foule » contrairement aux retraités aiment faire ! Cela me fait gagner du temps car moins de monde. J’organise mes taches ménagères qui doivent être faites comment expliquer, vite et bien. Le truc que je ne supporte pas est de faire le ménage, et répété 10 fois la même tache ménagère. Certes les vertus peuvent faire du bien au moral comme avoir cette sensation de vide, de nettoyage.
Pause !
Quand on est solopreneuse, en général, notre activité tourne autour de ce qui nous passionne. Nous n’avons pas alors plus l’impression de travailler – j’y reviendrai prochainement – malgré tout, nous avons besoin de nous aérer, de nous ouvrir à d’autres possibilités, de voir du monde, une autre vision, de prendre soin de soi, de se faire plaisir. Alors n’oublions pas de faire du sport, d’aller chez le coiffeur, l’esthéticienne, une bonne partie de jambe en l’air, aller voir des musées, des expos, voir les copains, partir en week end, marcher, lire, faire du shopping, peindre, sculpter, colorier, écrire, faire des photos (sans contrainte), rire, aller au ciné, au théâtre, écouter de la musique, chiller, boire un verre, manger sainement et par gourmandise, prendre un bain, dormir, bref mille activités à faire.
Ce n’est pas une perte de temps, c’est débrancher le cerveau. C’est prendre du recul, se défouler, se ressourcer, réfléchir autrement, trouver de nouvelles idées, approches, ressentis. Prendre soin de soi se répercute sur le moral, le mental, sur le physique et donc votre santé. Si vous avez sommeil, un manque d’énergie et pas de rdv client ou une deadline ce jour là, dormez, chillez. Demain ne sera que meilleur. Vous rechargez les batteries. Si vous avez des enfants, déléguez à votre compagnon ou compagne, ou profitez de l’école pour vous reposer. Un jour par mois, par trimestre ou dans l’année ne fait pas de mal. Ne culpabilisez pas. Au contraire. Personnellement, si je suis fatiguée et que je me force, rien ne sort : le syndrome de la page blanche arrive. Je m’énerve ce qui me fatigue encore plus et toujours rien ne sort. Aujourd’hui, je chille. Mon cerveau gambade et miracle, l’inspiration est là !
Sans compter sur les hormones qui jouent tous les mois. J’écoute mon corps. Quand les hormones sont hautes, je bosse un maximum, je fais tout ce qui ne me plait pas, les taches longues et complexes. Beaucoup de travail est fait. Quand les hormones se font la malle, je chille, je dors, je fais ce qui me plait. Le problème est je ne peux pas anticiper. Et quand c’est un jour shooting ou rdv client, je garde mon énergie pour le client uniquement. Le reste de la journée sera le repos total. Depuis que je m’écoute, je suis moins stressée, je suis plus productive, je vis mieux tout ce bouillonnement.
Ma to do list est faite une fois par semaine. Quotidiennement, je gère mes envies et priorités à ma guise. Elle est là notre liberté. Faire ce qu’on aime comme on le veut et quand on le veut. Il faut quand même avoir une sacrée autodiscipline ! L’éparpillement est vite arrivé.
Conjuguer sa vie professionnelle et sa vie privée est un art de jonglage sur un ballon posé sur un fil à 20 mètres du sol, bien souvent sans entrainement, ni filet de sécurité.
Il vaut mieux avoir le cœur bien accroché !
Marmotte,
Dans un drôle de cirque
Team photo by Sandy
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