Post shooting

Rennes ; fontaine ; sculptures

Les cinq dernières minutes du shooting sont consacrées aux dernières idées du shooting.

Je mets un point d’honneur à terminer sur une bonne photo.

Vient le rangement du matériel. Le rappel du paiement. Le délai de traitement de photos. Sans oublier de s’assurer que le modèle a passé un bon moment.

Chacun retrouve sa vie normale.

Pour le modèle, il n’a plus rien à faire (sauf payer le solde), tout est joué. Pour la photographe, une autre étape de travail m’attend.

Je suis vidée d’énergie. Je n’ai envie de rien sauf de me coconner dans un plaid douillet. Et manger. Parfois des obligations s’imposent, mais j’essaie de réserver l’activité demain. Rentrée chez moi, je range mes affaires et me prépare un bon gros gouter. Me cale sous mon plaid, devant la télé, grignotant. Parfois la fatigue émotionnelle est telle que je peux faire une sieste de 20/30 minutes.

Effectivement, une heure n’est rien mais au niveau de la création c’est autant qu’une journée de travail de 7 heures. Ce sont différentes émotions qui traversent. C’est se creuser la tête pour donner les idées. C’est une grosse concentration pour la technique. C’est une forme de patience (que je n’ai pas) d’expliquer ce qu’on veut. Quand le modèle est inspirant ou s’implique, cela aide énormément. Si le modèle est totalement en mode ‘étoile de mer’, qui n’écoute pas, qui ne s’investit pas, qui fait la tête tout le shooting, c’est très compliqué à gérer, ça bouffe de l’énergie inutilement. Il y a un être humain, avec des ressentis, des émotions derrière l’appareil photo. Une incompréhension parfois se forme. C’est toi, modèle, qui demande un shooting, vis le avec joie et bonne humeur. Personne ne t’y a obligé, je ne suis pas dentiste ! Je ne suis pas là pour torturer non plus les modèles. Je ne le dirai jamais assez, c’est une aventure humaine, au delà, uniquement d’avoir des clichés. Le résultat n’en sera que meilleur. Je pense que j’en ferai un billet de blog, prochainement.

Revenons au travail

Je passe un moment aussi posée à revoir le film de la séance. Pour me rappeler les erreurs, les bons points, les éclats de rire, les silences, les doutes. Je note mentalement, pour la prochaine fois. Si j’ai un shooting le lendemain, je prépare mes affaires. Sinon j’éclipse totalement le séance pendant quelques jours. Suivant mon planning de shooting, de rdv, j’organise le vidage de la carte, sur ma clé, puis exifs sur Lightroom. Les exifs sont les données de protections et de droits des photos.

Le lendemain, je fais le tri des photos. Mon état d’esprit est entre panique totale et plénitude. Je découvre ce que j’ai shooté. Je prends note des erreurs. Et des bonnes idées. Les idées de recadrage et retouches particulières arrivent. Je ne sais pas à ce moment si la séance est bonne ou pas. En tout cas, de mon ressenti. Le principal est le ressenti du modèle. Beaucoup de modèles demandent, 5 ou 6 jours après, je suis incapable de répondre. Je sais que tu as hâtes, c’est anxiogène, ça met encore une pression mais c’est comment demandé à un boulanger si sa fournée de pain est bonne alors qu’elle n’est pas encore sortie du four. Il peut cramer son pain !

La suite tu la connais, avec le retouches, si tu veux (re)lire l’article sur les retouches.

Une fois les retouches finies, et juste avant l’envoi des photos, je vérifie les photos. A ce moment, je peux être fière, mitigée ou déçue du shooting. Encore une fois, ce n’est que mon ressenti de photographe. Ce qui m’importe est le ressenti du modèle. Ce sont ses photos.

Emotive

Mon état d’esprit sur l’après d’un shooting est à la fois un soulagement et une euphorie. Il ne faut pas sous-estimer le taux d’émotions, de pas, de réflexions, quand on est en shooting. La libération des hormones de plaisir (car c’est ma passion) et de pression (car c’est mon métier avec un minimum de résultat).

Du côté du modèle, il peut à avoir à tenir un pose plusieurs secondes, voire minutes, sans bouger. J’essaie d’être toujours empathique et demande toujours une pose naturelle pour le modèle. C’est-à-dire une position qu’il peut tenir. Dès que j’ai terminé une série, ou si je dois changer quelque chose comme la lumière, accessoires, angles je demande au modèle de retenir la position et de relâcher la position.

Du côté du photographe, on monde, descend, s’accroupie, piétine, déplace les lumières, réfléchie au meilleur angle, propose des idées, parfois montre la pose.

Evidement il y a des métiers plus pénibles physiquement ou mentalement. Beaucoup de personnes sous estiment la fatigue émotionnelle, mental ou parfois physique. D’autres selon leur état psychologique, c’est une remise en question violente, ou une prise de conscience au point qu’ils pleurent ou rient nerveusement.

Un shooting est un travail sur soi, je ne shoote pas qu’un corps, mais une âme, une attitude. Pour certaines personnes, c’est naturel, normal, un exercice sans réel effort. D’autres c’est impossible de le comprendre, cela donne de mauvaises photos car il n’y a pas d’implication de la part du modèle. D’autres c’est à la hauteur d’un travail difficile, un effort. Mais cela reste une satisfaction.

C’est un métier social. Et comme tout métier, dans le domaine du social, il y a des rencontres agréables, il y a des rencontres vampirisantes d’énergie.

Je préfère une fatigue positive où je sors d’une séance riche d’énergie positive qu’une fatigue négative qui peut potentiellement remettre en doute mes compétences. Bien souvent une énergie négative est dû à un manque d’échange, de sincérité, d’humanité.

Je ne le répéterai jamais assez, c’est ton shooting !

Marmotte,
Epuisante.

Team photo by Sandy

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