text
Votre rôle de modèle est finit (reste le paiement du solde qui déclenchera l’envoi des photos). Le mien continue. La plus grosse partie du travail. Entre 7h et 9 h de travail, calculée pour chaque étape.
Beaucoup, à cause de l’éditeur photo et à une légende urbaine, pensent que la post prod dont la retouche fait partie, se fait en deux clics. Après la lecture de cet article, j’espère que vous changerez d’avis.
Je tiens à préciser, encore une fois, ceci est ma manière de travailler. Chaque photographe a sa technique de travail, son logiciel de prédilection, son rythme, ce n’est pas au client de demande de faire comme untel ou presser les photographes dans leurs retouches. C’est une activité longue, fastidieuse, à part entière. C’est ce qui va donner le coté magie de la photo. Il existe même un métier spécifique : le retoucheur. A l’époque de l’argentique, le retoucheur/repiqueur tirait les photos (notamment l’agrandissement) et faisait toutes les retouches (travail de la colorimétrie, tirage en lot, retouches des marques laissées par les poils ou poussières etc.)
A l’ère du numérique, le retoucheur est bien souvent le photographe, plus rarement le graphiste, ou encore un sous traitant, qui travail en général à l’autre bout du monde pendant qu’on dort. Une agence photo dans laquelle j’avais fait un stage (je ne la nomme pas volontairement car cela a été une catastrophe) m’expliquait que les plus grosses retouches étaient envoyées le soir dans un pays du bout du monde, et le matin ils recevaient les photos retouchées. Ils faisaient des économies et puis ici, c’est-à-dire l’agence, ne voulait pas faire de la retouche ‘bête et méchante’.
Après un shooting, je suis épuisée. J’ai besoin de recharger les batteries. J’ai aussi besoin de recul. Afin de voir les photos différemment, avoir un esprit critique.
Les photos sont donc copiées sur ma clé USB, le lendemain. En une heure de shooting, entre 200 et 300 photos sont créées.
J’allume mon pc pour utiliser Lightroom. Le logiciel a des spécificités dont je ne m’attarderai pas ici. Je charge les photos et enregistre les métadonnées. Ce sont les caractéristiques des photos avec notamment le type d’objectif, flash, l’exposition, l’ISO, le nom du modèle, le lieu, les coordonnées du photographe, les conditions d’utilisations de la photo. Assez utiles en cas de litiges notamment sur le droit d’auteur. Malheureusement quand on publie sur les réseaux sociaux, pour une question de place sur les serveurs du média social, les photos sont écrasées automatiques. Les métadonnées sautent en premier. Encore le droit d’auteur est bafoué.
Ces données ne vous concernent pas directement. Mais c’est une action que tout photographe devrait faire.
Je ferme Lightroom.
J’ouvre le dossier des photos. Je renomme les photos. Je les sélectionne à l’ancienne : papier, stylo et note celles qui me plaisent. Celles exploitables : je ne dis pas floues car une photo floue peut être une bonne photo. Je dis exploitable. Ce n’est pas péjoratif. C’est-à-dire toutes les photos intéressantes. Evidemment c’est mon ressenti intime. C’est mon travail.
J’ouvre une parenthèse : Certains photographes présélectionnent une série de photo et les envoient aux clients (le modèle) leur laissant le choix des photos. Cette méthode, à mon avis, est longue : le modèle peut mettre plusieurs semaines pour trouver le temps de faire le tri, avoir du mal à utiliser la plateforme, être incapable de faire un choix ou imposer un nombre de photos sans payer plus, voir, pire, faire des captures d’écran sans attendre la retouche – j’espère que le photographe a été payé avant cet envoi !
Je ferme la parenthèse.
J’en retiens en général environ 50. Cela change d’un shooting à un autre. Plus le shooting a été bien préparé, le feeling entre le modèle et le photographe est présent, plus il y a des photos !
J’ouvre Photoshop. Je travaille la colorimétrie. Peu de recadrage. Je ne vous crée pas d’abdos, je ne lisse pas la peau, je ne taille ni dans les hanches, ni dans les cuisses. Je ne fais pas de photos de mode !
J’enlève par contre, les petits détails qui peuvent être disgracieux : les fils, les prises, les lunettes sur une table, les affiches, une télévision, un climatisation (exemples véridiques.)
Si vous avez demandé l’anonymat : un coup de pinceau sur les yeux, un coup de tampon de duplication sur les tatouages, et autres cicatrices. Vous recevrez une copie anonymée et une copie non anonymée.
Je signe les photos.
Enfin je passe en noir et blanc. Voir je m’amuse à créer un effet artistique qui fait son petit « waouh !» : sélection d’une couleur et les reste en noir et blanc.
Si vous avez opté l’offre 10 photos-10 visuels, je sélection les 10 photos et les retravaille.
Je me laisse 24h voir 48 h de repos pour avoir du recul sur mon travail. Je vérifie que j’ai bien retouché toutes les photos retenues. Le cas échéant, je reprends les petites retouches. Je copie les photos sur un disque d’archivage et supprime les photos de la carte mémoire.
Après avoir vérifié la bonne réception du solde, je vous envoie un mail de remerciement et vous prévient de l’envoi des photos par lien séparé avec les indications de téléchargement. Pensez à enregistrer sur votre disque dur vos photos !
Si vous avez demandé une non-diffusion des photos de ma part, je vous recontacterai pour m’assurer que vous avez bien enregistré les photos, en contre partie, je m’engage à supprimer les photos.
Je fais un petit service après vente. Si vous avez des réclamations, je vous prierai de me le dire de suite en m’expliquant clairement le souci rencontré. J’y remédierai ou apporterai l’explication adéquate.
Si vous êtes satisfait, un petit mot, un témoignage, ou un avis et/ou la publication (le cas échéant) sur les réseaux sociaux en n’oubliant pas de respecter le droit d’auteur est toujours agréable.
Marmotte,
En toute transparence.
Archives :