Nous avons vu la semaine dernière, la retouche sur les portraits, photos de mode. Le côté négatif de Photoshop, oserais-je dire.
Précision
J’ai omis de parler des filtres proposer sur les appli photos, insta et autres réseaux sociaux où l’image est primordiale. Ces filtres qui ultra lissent, rajeunissent au point d’en être ridicule, ressemblant plus à Barbie figée de toutes expressions, lèvres botoxées à outrance. Ces oreilles de lapins, d’ourson ou de chien pour faire mignon ou encore ces grossissements sur les yeux, les lèvres pour (se) ridiculiser. Peut-on vraiment parler de retouches, de vérité altérée ?
Revenons à la vraie retouche
Celle que j’aime pratiquer. Celle qui est assez complexe. Celle qui se crée, celle qui s’imagine. Celle qui passe d’une photo ‘banale’, ‘normale’ va devenir LA photo. celle qui va sublimer, celle qui vous tire un waouh. Celle quand on vous dit qu’elle a été montée de toute part, vous n’y croirez pas.
Aperçu
Tel un peintre, nous pouvons à l’aide de pleins d’images que le photographe a passé des heures à capturer pour créer un paysage sorti de l’imaginaire de l’artiste. Prenons un ciel, une montagne, une campagne, une plage. Prenons une maison, un chalet, une cabane, ajoutons des papillons, des oiseaux, un chien, un chevreuil, une femme. Testons. Corrigeons. Réfléchissons. Comment la lumière est perçue, quels éléments mettons-nous en avant. Quelle histoire raconter. Donnons au ciel, ce sentiment d’apaisement, ce bleu avec des nuages blancs, le soleil est-il brillant ou couchant. Souhaitons-nous un décor chargé ? Épuré ? Mettons nous en avant l’humain ? La Nature ? Les effets de l’humain sur la Nature, ou les effets de la Nature sur l’humain ? La photo est-elle sensuelle ? Voulons faire rêver u montrer une réalité ? Et quel spectre de la réalité ? Gardons-nous des défauts ou juste les avantages ?
D’une toile blanche du peintre, au bout, non pas de notre pinceau mais du stylet, nous déposons numériquement nos tripes, notre cœur, notre âme.
Un autre essai
D’une photo déjà créée à la prise de vue, nous pouvons changer le temps (du ciel bleu à un ciel orageux). De midi au coucher du soleil. Ajouter du monde, retirer la foule. Changer les couleurs pour en faire un tableau psychédélique. Déplacer cet arbre, retirer ce fil électrique parasite, dramatiser cette mer, animé en dessin, ce nuage rigolo.
Un coup de clic
D’une photo, nous pouvons la passer en aquarelle, en dessin au fusain.
D’une vieille photo jaunie, nous pouvons lui rendre sa jeunesse.
D’une plus vieille photo déchirée, nous pouvons recréer les bouts manquants. La corriger, lui rendre des couleurs alors qu’elle est en noir et blanc ou sépia. (Oui c’est énormément de boulot.)
D’une photo ratée : mal cadrée : recentrée, recréée, réinterprétée, rajoutée des éléments issus d’autres photos. Mal exposée : vaut mieux sous exposée (photo sombre) pour rattraper et donner un effet. Une sur expo (photo claire) cela est plus compliquée.
Nous pouvons rattraper en quelques (plusieurs) clics.
D’une photo couleurs nous pouvons la passer en monochrome, sélectionner juste une couleur, la rendre plus chaude ou plus glaçante.
D’une simple photo, nous pouvons lui donner n’importe quel message. Notre seule limite est notre imagination.
IA
Ici je parle de clic humain sur un logiciel de retouche photo. l’IA, telle que je la conçois, où l’agent ordonne à une machine certes intelligente de générer des images est pour moi du génie créatif. Peut-être suis-je comme ce vieux photographe, en début des années 2000 qui maugréait « le numérique n’est pas de la photo, cela tue la photo. Rien ne peut remplacer ce bon vieil argentique. »
Je ne suis pas contre les nouvelles technologies. Je suis contre la mauvaise utilisation. A peine arrivée, des problèmes se posent déjà, avec des utilisations à mauvais escient. Une femme s’est retrouvée, sans son consentement, nue sur une photo publiée sur des sites interdit au moins de 18 ans. Sur la photo originale, la femme était habillée. Avec photoshop, on peut tout faire : comme coller votre tête sur le corps d’une actrice/acteur porno. Déjà c’était un scandale mais au moins, il fallait avoir les compétences requises et les moyens de s’offrir le logiciel. Or l’IA, en tout cas, certains sont peu couteux, accessibles à tous et comme nous n’avons pas besoin d’énormes connaissances, à part donner un ordre, cela peut être assez simple d’utilisation. On a déjà vu le pape en doudoune ! Et hop photo envoyée sur tous les réseaux avant de découvrir que c’était une fausse photo générée par l’IA. Comment faire la différence ? A l’heure où l’information est à peine vérifiée avant d’être relayée.
Quid également de la loi sur la propriété intellectuelle : le droit d’auteur : qui de l’IA ou de la personne qui a passé l’instruction à l’intelligence artificielle ?
Quid aussi : et notre métier d’artiste photographe va-t-il disparaitre ? Tout le monde se dit photographe sous prétexte de la puissance des capteurs des téléphones portables. Le virage numérique a été mal négocié, comment va-t-il être géré ?
Sommes-nous prêts à payer un professionnel qui utilise l’IA dans le cœur de son activité (pour un photographe : shooting et retouche).
Des questions qui sont à se poser avant d’être au pied du mur ! Afin de protéger tout.es ceux et celles qui sont concerné.es : photographes, activités qui s’y apparentes, modèles, clients.
Pour ma part, aucun texte, aucune image, aucune réponse, aucun choix artistique n’est issu de l’IA. Tout sort de mon cervelet créatif, de mon cœur et d’humaine.
Je ne conçois pas une photo publiée, envoyée sans un minimum de retouches. Même un petit clic passe sur la photo. Rare, peut être une petite cinquantaine sur les milliers sur mon disque dur, sont brutes.
Evidemment que la photo doit se penser, se créer à la prise de vue. En même temps, un artiste aura toujours un mot à dire sur son œuvre, qu’il aurait du/pu mieux faire. Photoshop (ou tout autre logiciel de retouche photo pour pro) est là pour satisfaire notre perfectionnisme.
Marmotte,
A la recherche de LA photo.

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