Retouches or not retouches

avignon; remparts d'Avignon

Le monde de la mode, de la pub, la Société en général, le bien-pensant veulent la beauté. La perfection. Le toujours plus jeune.

On taille, on coupe, on étire, on lisse, on maquille, on masque pour une beauté figée, éternelle. Une jeunesse irréelle, une perfection parfaite. Non, pas un mensonge. Juste une déformation de la réalité. Jusqu’à imposer des diktats, irréalistes. Dont certains jeunes, ados, s’identifient, au point de ne pas voir le faux du vrai, le rendre réel.

Rabâcher la beauté parfaite tel un tube pop des années 2000, qui nous trotte dans la tête pendant des heures.

De cette musique redondante, les ados s’enferment dans un cercle de perfection malsaine, qui les détruits : isolation du groupe car pas dans les normes physiques, humiliation car pas à la mode, destruction du corps et de l’âme par l’anorexie par exemple.

Tant de drames de vies brisées pour ressembler à un mannequin sur papier glacé en nous imposant une taille de guêpe pour enfin en 2017, la loi exige la mention ‘photo retouchée’ sur tout cliché commercial.

Les mensurations toujours extravagantes existent toujours.

Mais des femmes et des hommes dont le physique est particulier sont devenus star : comme cette mannequin noire américaine atteinte de la maladie du vitiligo fait la couverture de dizaine de magazine. Ou des mannequins dit ‘grandes tailles’ jonglent avec les L pour les porter jusqu’aux affichages 3×4. Ou encore des femmes non épilées, au ventre abimé par une ou des grossesses, les vergetures, les rides…

La femme puisqu’elle est un produit de marketing s’affiche telle qu’elle est sur les photos. Pour montrer la réalité d’un fantasme idéalisé que dans une société patriarcale hétéronormée.

Les mentalités changent peu à peu, malgré photoshop est toujours hué, craint ou idolâtré. Enfin, je dis changer, non, juste remplacé par ce qu’on appelle filtres qui en deux clics de pouce vous lisse, gomme, tire la peau, pulpe les lèvres…

La retouche, qui était autrefois, réservée à l’élite de l’image, est tombée dans les mains d’influenceuses qui explique comment vieillir moins vite et frustrent celles qui sont passées par là où elle passera de façon inéluctable, avec la célèbre bouche en cul de poule pour faire plus sexy (ou pas).

Tandis que certaines se battent pour montrer que non le temps, la différence physique ne sont pas une mauvaise chose à fuir.

D’autres, combattent la moindre ride visible, le moindre bourlet bien souvent imaginaire, s’exhibant pour un semblant d’existence.

Fait de société nouveau ? Non ! Les peintres au moyen âge mettaient plus ou moins en avantages les futures reines dites hideuses car ne rentrant déjà pas dans les standards de beauté de l’époque.

La Reine Victoria se faisait tirer le portrait en demandant d’être mise à son avantage de jeunesse, lors de ses vieux jours.

La Reine Elizabeth II n’a pas ce luxe, aujourd’hui.

Triche, mensonge envers soi ou envers les autres ?

La retouche, une simple coqueterie ?

Ni plus ni moins !

A suivre…

Team photo by Sandy

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