Salariée contre auto-entrepreneuse

plage ; cap ; Agde ; rocher ; pluie ; mer ; méditérannée

J’ai connu le chômage.

J’ai été salariée à temps plein, à mi-temps, à tiers temps, à mi-temps du tiers temps…

Mon dernier emploi m’a clairement donné confiance en moi. Une manageuse dynamique qui a sur me convaincre de mes compétences ! Crois-moi, un perle comme il y a en a peu ! Je ne la remercierai jamais assez.

La fin de contrat. Le choix était à faire. Devant moi un avenir flou. Derrière moi, un passé compliqué, en montagnes russes, la tête à l’endroit, à l’envers.

Le covid, le confinement, la perte d’un proche. Le choix est fait. Evidemment. Réaliser n rêve. L’auto-entreprise.

Avoir les épaules, sauter avec un élastique sans connaitre la solidité de ce dernier la motivation, les hauts, les bas. De temps en temps, je vous ferai part de mes ressentis.

Pour l’instant, aucun regret. Je vois les points positifs : la polyvalence des taches, liberté de travail, d’organisation, d’horaire, du lieu de travail, du rythme, choix des clients, découverte de mille et une choses, force de caractère, remise en question, se gérer et gérer les activité, l’administratif, se lever et se coucher avec pleins d’idées en tête, et j’en oublie.

Je vois les points négatifs : la solitude, le creux de la vague, les remises en question, les doutes, les problèmes techniques, l’argent, tout ce qu’on ne vous dit pas dans les livres, le manque de communication des clients, l’attente, la patience, les larmes à sécher, la distraction des activités ménagères, ces charges mentales obligatoires, l’inflation, le manque de temps ou le temps qui ralentit, la dépendance des clients, la quantité d’informations, l’administratif.

On ingurgite, entre multi casquette, travailler n’importe où, n’importe quand, se lever et se coucher avec la hantise du lendemain, la pression, le manque d’argent, les clients incertains, les relances clients – et je dois en oublier.

Oui, oui, tu as bien lu des deux côtés, des notions qui se ressemblent.

Certaines activités sont passionnantes mais à double tranchant. J’ai même rencontré des gens (je ne suis pas la seule au vu des témoignages que je lis) qui pensent auto-entreprise, tu as le temps pour flâner, faire les courses à l’heure de ton choix, faire du sport dans la journée, partir en week-end comme on veut. Alors oui, c’est vrai. Mais non, c’est aussi négatif car on est attiré facilement par le ‘on va faire un tour’ de 30 minutes, il fait beau, et le tour fini en trois heures, car on a flâné au parc, lu quelques pages de notre roman, acheté du gruyère qui manque pour les pates de ce soir et repéré une petite robe tout mimi !

Et encore, quand je dis que mon activité principal est photographe. Alors, là je tombe dans le cliché de l’artiste, soit torturée qui pond une œuvre, tous les cinq ans, entre deux dépressions. Ou l’artiste qui claque des doigts pour sortir un beau cliché. Une photo et c’est dans la boité. Eh bien non ! Pour en avoir une bonne il faut en faire au minimum dix. Il faut de la créativité, faire comprendre au modèle qu’il faut qu’il se détende un minima ou qu’il arrête de faire la tête s’il veut des photos. Trouver les clients, les convaincre qu’ils ont besoin de photos, faire un veille de la communication sur tous les réseaux sociaux possibles et inimaginables ont évidemment les codes changent en un jour et d’un à l’autre ! Tenir sa comptabilité, payer ses impôts, comprendre les demandes plus souvent formulées énigmatiquement (oui, je sais, je vous l’ai dit : pose tout et je fais le tri !)

Pour les personnes de l’extérieur, un photographe autoentrepreneur est juste un artiste qui travaille quand elle n’est pas en dépression et juste le temps du shooting !

Autoentrepreneur, c’est être chef d’entreprise, multi fonction en plus d’être photographe (en prenant mon exemple). Mais aussi comptable, assistante de direction, standardiste, assistante sociale, femme de ménage, bricoleuse, webmaster, CM, designer, nounou, thérapeute, directrice des ventes, commercial, DRH, coach, informaticienne, développeur, chef marketing, rédactrice, lectrice journaliste, clown, médecin, acheteuse, médiatrice…

Alors oui, salariée, c’est plus reposant, (quoique) c’est la stabilité, (pas toujours) c’est avoir un salaire fixe (convenable ?), des horaires fixes. Mais aussi des collègues (sympathiques ?) des directives incompréhensibles, la routine, une sécurité médicale, chômage, retraite (késako ?) garantis.

J’y étais, j’y retournerai surement, peut-être plus tôt que prévu.

Il y a mille possibilités: je peux être indépendante et salariée. Je peux être indépendante et travailler en entreprise pour quelques heures ou jours. Je peux être juste indépendante. Je peux mettre mon activité en veille et redevenir salariée.

C’est juste un choix de vie.

Ce n’est pas donné à tout le monde le salariat comme l’entreprenariat.

Les deux ont leur pour et leur contre.

Les opposer n’est pas la bonne approche.

Connaitre les deux, est une force inimaginable.

Et toi, tu as opté pour quel mode de vie professionnelle ?

Team photo by Sandy

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