Accro aux médias sociaux

sète ; mont saint clair ; fleurs

Comment faisait-on avant ? Pas si lointain, pourtant. A peine 25 ans. Avant internet, comment créons-nous des liens professionnels, amicaux, amoureux ? Puis Facebook a été créé pour relier un étudiant à un autre pour de l’aide aux devoirs, pour rendre service, pour créer du lien autrement.

Une révolution

La naissance du réseau social est clairement une révolution. Parler, partager des personnes qu’on aurait jamais pu/pensé échanger. Sur le papier, enfin la ligne de code. Dans la réalité : on poste tout et n’importe quoi. On vole les photos des autres (hellooo le droit d’auteur). On pose des filtres pour avoir l’air plus jeune enfin plus lisse. On se compare. On harcèle, on insulte sans condamnation. On devient hater, on est tous des haters, dans le fond. On photographie, filme, tourne des réels en oubliant qu’il y a des gens autour qui ne souhaitent pas être dans votre fil d’actu (hellooo, le droit à l’image).

On chasse les likes, les commentaires, plus ou moins bienveillants. On critique sans arguments. On scrolle en oubliant le réel ou la photo qu’on vient de liker. On est tellement dans l’impatience qu’on doit avertir sur la vidéo : « attendre la fin ». On like à fusion. On épie son ex, on croit les fakes news, on croit ce que dit l’influenceuse au 10 k d’abonnés même si elle poste n’importe quoi, du moment qu’elle poste, et qu’il y a des likes.

On veut du vrai mais comme il faut. On veut de l’humain sans défaut. Du naturel mais retoucher. Du nouveau mais identique. Du sensationnel (jusqu’à la provocation !) en restant puritain. Un joyeux bordel où tout le monde s’y laisse tenter.

Professionnel.les ?

C’est effectivement un métier. Quelques hommes et femmes gagnent leur vie et même très bien grâce aux sponsors. Ils envoient leurs produits afin que les influenceurs postent matin, midi et soir pour vendre le produit qui est peut être, super… ou pas ! Le spectateur like, commente et donc achète. La meilleure pub pour les grands groupes.
On pense naïvement cela est simple, cela est deux clics et hop, ils font plus rien de leur journée !
Erreur ! C’est un métier à temps plein. Trouver les idées pour les vidéos, tourner et monter les vidéos, se réinventer pour ne pas lasser. Donner des conseils et partager ses connaissances. Prendre des photos, monter et écrire les posts. Les publier, interagir avec les followers. Chercher les sponsors. Faire de la veille concurrentielle. Gérer sa comptabilité, son administratif. Et encore je dois citer uniquement la partie immergée de l’iceberg.
Ce sont nos vendeur.ses de tupperwares 2.0 !
N’allons pas croire l’inscription et 15 jours sur le réseau social va faire de nous des influenceurs populaires !
Peu de ceux là gagnent leur vie de cette manière.
Un nouveau métier a été pourtant créé. Le communauty manager gère à perfection les réseaux pour le compte d’entreprise.

L’influenceur coach

Avez-vous déjà entendu : « Avec ma formation, tu vas doubler ton CA », « en t’inscrivant, tu auras le double de followers. » Peut être est ce vrai… ou pas !

J’ai testé deux ou trois « coachs » qui promettent monts et merveilles. J’ai vu que collines et monstres. D’abord, les coachs insistent à les suivre, tagguer, s’inscrire en nous faisant croire cela va gonfler notre compte. Cela gonfle leur compte qui leur va donner encore plus de visibilité !

Il y aussi les coachs qui nous promettent des solutions miracles gratuitement en bombardant notre messagerie sur les problèmes que nous rencontrons, souvent sans prendre connaissance de notre activité, avec des propositions en vidéos. Ils laissent quelques pistes non développées. pour en savoir plus… payons !

Il y a ceux qui vendent directement la formation. Ce n’est pas une question de prix. Ils lâchent des mini conseils pour inciter à suivre la formation – une bonne technique de vente. J’ai suivi un compte qui déconseille de suivre des comptes photographes. Mais… quand nous avons une entreprise nous devons faire une veille concurrentielle. Comment nous tenir informer des tendances, des tarifs si nous ne suivons pas des confrères ou consœurs, nous pouvons être largués, hors sol, ou faire exactement ce que fait le concurrent ? Cela sert aussi à se remettre en question, d’évoluer notre offre, s’adapter à l’offre demandée, exigée par le client.
Nous ne sommes pas tous concurrents car nous avons une approche photographique propre à chacun. La raison de ce coach (dont je ne ferai pas de pub, car même de la mauvaise pub, reste de la pub) est suivre un confrère c’est pourrir son algorithme. Oh mince ! Je ne suis plus son compte, au moins il ne me pourrira plus ma santé mentale.
Un autre coach : j’ai posé quelques questions et celles qui n’allaient pas dans son sens, j’avais une réponse toute faite, lisse, non argumentée quand le coach ne me prenait pas pour une hater ou mieux cela restait sans réponse. Allons bon ! Nous devons absolument être d’accord. Le débat n’existe plus ?

Aussi, je fuis toutes les publications qui m’incitent à liker, commenter, partager, enregistrer ou suivre. Je ne suis pas idiote, je sais utiliser les réseaux sociaux, nul besoin de grandes compétences pour le minimum. Avoir des followers pour avoir des followers.

Je like, tu likes, il/elle like…

Je like si j’aime vraiment. Je commente si j’ai quelque chose à dire, j’interpelle, une question à poser, encore une réponse à apporter. Quand je vois la réponse est déjà écrite, je like ou je confirme très simplement. Je partage quand cela me concerne. J’enregistre pour y revenir plus tard, je suis uniquement parce que le contenu est un coup de cœur.

Mais bon, apparemment ça insiste de réexpliquer qu’il faut liker, commenter, suivre. Ça amène des likes ! Ça fait vivre le post, donc le compte.

Logique, l’algorithme marche notamment par les hastags – la rumeur dit que les hastags disparaîtront au profit de mots clés sans le dièse – mais aussi par la vie du post. Plus il est liké, commenté, plus il remonte dans le fil, il apparait, il vit en résumé. Marketons en poussant par un post, une légende les gens donc à liker, commenter, suivre. Une p’tite piqure de rappel donc. Faisons, alors !

Caresser un écran…

… au lieu de notre partenaire. On scrolle partout. Du métro à l’ascenseur, des toilettes à la terrasse de café. Seul, à deux ou plus. Une vraie orgie de caresses. En attendant, maman, petite amie qui shoppe chez H&M levant à peine la tête pour confirmer le choix plus que douteux du tee shirt qu’elle a vu porté par le compte tartenpionne. En sirotant son café le matin ou en attendant Morphée nous emporte dans nos rêves. Bientôt – ah non, ça existe déjà – on baise devant le téléphone en live, sur un réseau – dont je vous offre un code promo sur la page intimité.

Lier les gens virtuellement. Lier les enfants virtuellement. Lier les parents virtuellement ; mais lier à quoi ? Aux gens, aux vrais gens ? Ou à un écran ? À un vrai écran ? Oui parce qu’internet, les réseaux ne sont pas les vraies vies ! Si, si, si internet est la vraie vie ! Quand vous achetez sur un site d’e-commerce, vous dépensez votre vrai argent, vous recevez de vrais objets. Donc c’est bien la vraie vie. Des vrais gentils se font vraiment agressés ou harcelés ou escroqués par de vrais méchants.

Nous gémissons avec lassitude que notre ado est collé à son smartphone. Il est collé à son écran car vous, parents, êtes collé à votre écran ! Si nous ne coupons pas pendant un moment familial le téléphone, parlons d’un truc vu sur telle application, ne nous plaignons pas que notre ado soit en train de vérifier, ou juste nous dit – enfin nous lisons dans son attitude : « ce qui se passe quelque part dans le monde, un jour passé, c’est un million de fois plus intéressant que toi ! » Certes, je ne pense pas que les jeunes de 2024 parlent comme ça. J’aurai parlé comme ça à ma mère et j’aurai eu le droit « arrête d’être insolente ! Je ne suis pas ta copine mais ta mère ! Et coupe moi ce téléphone ! »

Caressons le doux rêve de se déconnecter. Peut être devons nous instauré un droit à la déconnection dans nos foyers, par nous même, pour nous. Nous allons survivre, je vous assure. Même une journée sans portable !

Mais comment ça marche.

J’ai dû louper un truc. Je suis des comptes, on l’a vu, je like, je commente quand je pense que c’est pertinent, je partage, je réponds aux sondages, j’enregistre, je follow. Dès que je vois que le compte ne me correspond plus, je unfollow.
J’interagis sur un média social à bon escient. Peut-être pas assez. J’ai une vie réelle à côté. Parfois je scrolle et l’heure est passée. En retard sur mon planning.
Avant de me lancer et même depuis, j’ai lu des livres sur les réseaux sociaux. Pour m’informer, pour savoir ce que je dois faire que je ne fais pas pour avoir ses 1000 likes, ces 10k abonnés.
J’ai testé différentes techniques de diffusions, changé l’heure. Me suis mise un peu plus sur les storys. Les réels, je perds 20 minutes pour aboutir à… ça marche pas.
Ça c’est Instagram.
Sur Facebook, j’ai vite abandonné. Je ne publie plus. J’ai suivi des groupes, des conversations, qui étaient d’une violence. Mal à l’aise je me suis retiré. J’ai publié quelques photos pour avoir un like. Je n’ai pas compris, définitivement.
Sur LinkedIn, j’ai commencé par publier des photos, rien. J’ai essayé des posts, rien. Je like de temps en temps, soit une fois tous les trois mois. J’ai même suivi une micro « formation » de France Travail. En résumé, « mettre le nom dans la case nom, mettre le prénom dans la case prénom ». « Bien ce n’est pas avec ça je vais avancer ! Le niveau supérieur svp ? ». « Il y a des cours, enfin peut être, sur euh… oui… mais… » J’attends toujours la fin de la phrase. Je n’ai pas dû, là aussi remplir la bonne case pour avoir la fin… on va dire ça !

Les autres réseaux ? Soit cela n’est pas ma cible, soit je suis larguée.

Date de péremption

A l’aube de mes 40 ans, j’ai l’impression d’avoir pris un coup de vieux, à l’instar de ma mère, quand, devant son ordinateur était toute paniquée de peur de casser, je cite, la machine. Alors pour moi, c’était aussi simple que faire des lacets !

Je pourrais développer sur ce temps qui passe et qui nous fait vieillir. Pas prévu, pour l’instant. Ce n’est pas qu’on vieilli, chères générations Y. c’est que nous avons grandi dans le réel. Certes devant le club Dorothée ou les Minikeums. On n’avait pas cette urgence de tout. On avait cette urgence de grandir, en profitant. Aujourd’hui, on voit, on screen (prendre une photo prend du temps), on poste, on est déjà passé à autre chose. Dommage.

Quand je vois il y a des jeunes de 20, 30 ou 40 voire 50 ans postent leur journée en story alors je suis parfois à poster une photo et raconté une histoire 3 jours après car j’ai eu autre chose à faire. Quand certains postent toutes les heures leurs bronzages, leurs glaces, leurs repas, leurs visites et leurs achats sans oublier leur chambre d’hôtel (clin d’œil aux futures vacances estivales). Je poste mon week end 6 mois après. Mais quel plaisir de se replonger dans ses souvenirs !

S.O.S.

Je lance donc ma bouteille à la mer. Si par hasard, vous tombez sur cet article et vous avez des conseils concrets (pas ceux que j’ai cité plus haut !) un commentaire, un mot doux par mail pour m’orienter, cela serait super sympa.

Je demande aussi à mes followers (partez pas svp) de m’aider à faire vivre mes comptes insta @teammarmotte.photos et @intimesphotosbymarmotte. Cela fait toujours plaisir, un like, un com’, un MP.

Marmotte,
Prise dans la toile

Team photo by Sandy

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