Petit résumé :
Sur un réseau social ‘libertin’, wyylde, une wyyldienne a créé une page ‘Rencontre Apéro’ qui regroupe des soirées ‘apéro-photo’ où photographes et autres membres peuvent se rencontrer pour échanger photo. Une fois par an, est organisé un apéro-shooting, dans un studio photo des photographes immortalisent la soirée et les participants volontaires.
En chiffres :
5 photographes dont 2 femmes ;
6 heures de soirée dont une bonne moitié à shooter ;
Pour ma part :
Des conditions de shooting totalement inconnus1 ;
Des participant.es inconnu.es ou presque ;
Sortie de zones de confort garanti pour tous et toutes ;
19 modèles dont 9 hommes dont 2 hommes torses nu et 10 femmes ;
800 photos environ ; plus de 500 photos envoyées ;
Des solos, des duos, des trios, des plans à 4 ! – pour 30 séries ;
Une bonne grosse cinquantaine d’heures de travail2 : de la post-prod, des mails, des zillions de clics, des liens envoyés + 3 heures de rédaction ;
Un réseau efficace pour retrouver ce petit monde3. Il reste une Jane Doe : impossible à retrouver ;
17 autorisations de diffusion reçues4 et 8 ;
16 euros l’entrée pour tout.es5 (photographes et participants) ;
0 retours sur investissement6 ;
40% de visibilité connues7 ;
2 cheveux blancs !
Vraies confessions
Deux versions complémentaires sont dans ma tête : celle de la passionnée et celle la professionnelle.
Heureusement, je suis passionnée. Ok ! Tu vas me dire, seuls les passionnés font des trucs de dingues !
La passionnée a évidemment adoré. Entre la zone de confort totale : lieu inconnu et pour la plupart des participants, je ne les connaissais pas ou très peu. Tout réuni pour s’adapter, pour créer, pour composer. Une expérience humaine, l’interaction avec mes congères est largement à revoir (pour ma part), une adaptabilité mise à l’épreuve tout comme la patience.
Une densité d’émotion, une fatigue positive, elle qu’on a après une bonne séance de sport et la satisfaction de l’avoir fait. Du positif en résumé. Ce n’est pas parce que le paragraphe positif et court qu’il n’est pas intense !
Versus professionnelle :
Elle, elle va râler et fort !
Dans le paragraphe précédant, j’ai mis pleins de petites astérisques, maintenant développons :
- Certes la passionnée a adoré sa sortie de zone de confort en ignorant le lieu. Mais la professionnelle que je suis a morflé. Lumière indomptable, perdue dans l’espace. Le rideau bleu est très joli, mais l’espace est petit quand il y a du monde autour, surtout pour les petits curieux qui veulent ‘voir’, enfin, mater, je devrai dire ! je bouge, je me baisse, je tourne, j’ai besoin d’espace, j’aime pas de base, qu’on me colle ! les lumières : pas de cellules, des spots que je ne connais, et l’apprentissage de ces bestioles me demande du temps, c’est bête, car c’est deux boutons, on/off et intensité, mais la direction, l’intensité, les réglages de l’appareil photo c’est le plus compliqué. Les participants n’ont pas la patience d’attendre et c’est compréhensible. Ce qui m’a valu de belles frayeurs et de belles photos et quelques ratées.
– Idée : arrivée 30 minutes avant les participants m’aurait été bénéfiques pour m’approprier l’espace, faire quelques tests, et puis c’est sympa de se retrouver entre photographe et voir arriver les modèles d’un soir ! - Je n’ai pas exactement calculé mais entre les 6 heures de soirée, le tri, les retouches dont le filoutage, les posts, la recherche des personnes, l’envoi des photos et les renvois des liens, la course après les autorisations, les questions des uns et des autres, penser aux petits détails, penser à l’impensable !
– La comptable en moi a calculé rapidement : si je me fais payer 10 € de l’heure (je fais un prix !), on est à 500€. En retirant l’Urssaf, on a un CA d’environ 383€ soit un taux horaire : de 7,66€ soit 18% en moins que le taux horaire du smic. Or tout cela est au conditionnel, puisqu’aucune rémunération n’est prévue. - J’avais anticipé de prendre les coordonnées de tout ce petit monde mais, l’organisatrice voulait tout centraliser. C’est son droit. Pour finalement changer d’avis pour X ou Y raisons, c’est son droit aussi. Seul hic est ce revirement de choix s’est passé après la soirée ! retrouver 19 personnes dont la plupart, je ne connaissais absolument pas ou qui ne sont pas ou plus sur le réseau. Organisation : commencer par ceux que j’ai le mail. Etape par étape. Puis lancer un premier appel : sans réel succès, faut se l’avouer ! lancer un deuxième appel plus précis, avec une description vestimentaire – heureusement qu’ils n’étaient pas tous à poil ! – note à ces dames : essayez de porter autre chose que la petite robe noire ! plus efficace ! enfin presque, j’ai toujours une Jane Doe – inconnue de tout.es – déjà venue mais inconnue. Note intéressante dans cette expérience : certaines personnes ne se rappellent plus comment iels sont habillé.es lors d’une soirée ! je ne devais pas être assez pompette pour oublier ma tenue ! ce n’est pas non plus touts les jours qu’on fait un apéro-shooting, si ? vous êtes incroyables !
– Note à moi-même : penser à prendre les cartes de visites, s’écouter, s’écouter, s’écouter pour avoir en fin de soirée l’assurance du soit les modèles d’un soir aient mon contact ou prendre les contacts des modèles ! - Revenons aux autorisations de diffusion : je laisse le choix libre de l’autorisation ou non de diffusion. Dans le point 2, je disais qu’il faut prévoir, anticiper tout. Et bien celle la je ne l’ai pas vu venir !
Je pars du principe, quand on est gentil ? poli ? respectueux ? intelligent ? (coche la case de ton choix) quand on ne paie pas un shooting, qu’on a conscience de poser, même si on ne connaît rien à la photo, on se doute qu’il y a du boulot derrière, la moindre des choses (outre le merci) est d’autoriser la diffusion même anonyme, même très restreinte, même très contrôlée pour le photographe. Même si les photos tu ne les aimes pas pour X ou Y raisons, même si aucune photo ne sera finalement diffusée, la politesse ? la gentillesse ? le respect ? l’intelligence est donner son autorisation !
Alors oui, tu utilises ton droit à l’image, je le conçois totalement. Et oui, tu vas me dire tu n’avais pas à laisser la case ‘n’autorise pas’ mais c’est toujours une liberté, un choix, un droit.
– Je pense que c’est le fait de ne pas l’avoir anticipé. Ma naïveté en a pris un coup. Cela me fait jeter une heure de travail à la poubelle ou le double si je décide de supprimer la personne tout simplement sur la photo ! C’est ce genre de situation qui fait grandir. Même si c’est compliqué à avaler ; cela fait grandir !
- Ça tombait mal, à ce moment, je lisais un livre sur la participation des photographes à des festivals et autres expos. Je tombe sur une phrase dont l’auteur était outré quand certains organisateurs (et par extension les photographes acceptent) faisait payer l’entrée pour exposer. C’est un peu comme si tu paies chaque matin pour accéder à ton bureau pour… travailler ! le ferais-tu ? non évidemment ! Au cours des années les photographes ont accepté le deal la notion, s’ils voulaient être vu, et de décrocher des contrats. Outre le temps passé, les défraiements, les tirages sont à la charge du photographe, sans garantie de retour.
Mince, mais oui, c’est bien sur, je vais payer 16 euros pour faire… mon métier. Le même tarif que les autres participants, avec en plus, 50 heures de travail en plus !
ok, je comprends, le lieu réservé est payant. Mais en fait, non ! Ce genre d’évènement devrait être offert pour les photographes. Qu’il soit apéro photo ou shooting. (Qu’entends je ? je suis bannie de soirée ! qu’entends je ? tu n’es pas obligé d’y aller ! qu’entends je ? toi, tu es pro, très riche ou ce n’est pas le bon public, le bon évènement ! qu’entends je ? ce n’est pas égal !) bah non ! non ! non ! – Reflexion : Qu’on soit pro ou amateur averti, on ne devrait pas payer pour juste réseauter, se trouver des modèles ou exposer.
Je grince des dents ! surtout sur le retour sur investissement (ah oui, le nerf de la guerre, hurle la comptable en moi !) - Parlons retour sur investissement justement ! 0. 0 shootings. A ce jour. Enfin non, je suis menteuse ! Un ! Le seul auquel je n’en ai pas proposé. Oui, oui j’ai endossé mon rôle de commerciale. Je dois être un peu nulle ou trop impatiente ! ou pas assez gentille, conviviale, amicale. Je ne sais pas. Peut-être je fais peur. Ou trop agressive. Ou trop professionnelle. Ou froide. Je ne mords pas. Je griffe parfois, je râle souvent mais il y a toujours une raison.
Pourquoi donc, je n’ai pas donné suite ? désolée, si, toi, a qui j’ai snobé la demande, je ne l’ai pas dit et tu l’apprends ici, mais à ce moment, j’étais sous l’eau et je ne voyais pas comment l’annoncer de manière toute douce, sans être méchante.
je travaille au feeling, tu le sais. Un minimum de confiance, avec une pincée d’inspiration. Un gros feeling. Alors non, ce n’est pas un ami que je cherche ! mais il me faut être un minimum à l’aise, pour faire du bon boulot. Et là, clairement, les 10 minutes de shooting m’ont été, comment expliqué, j’ai juste été mal à l’aise. Ce sentiment s’est ressenti jusqu’aux retouches (ce qui est assez rare !) et s’est confirmé jusqu’au dernier mail. Le résultat n’est pas mauvais, pourtant. Mais je choisis mes clients, je choisis les projets intéressants, et si je fais ce métier c’est pour m’éclater, passer un bon moment, partager une bonne expérience humaine. Oui, je sais, ne pas répondre n’est pas pro. Répondre trop franchement, sans filtre, ne l’ai pas beaucoup plus… - 40% de visibilité. Peu de retours aussi dans la publication ou alors sur d’autres réseaux sociaux qui m’est inconnu. La visibilité est ma carte de visite. Me dire que mes photos sont bien, c’est gentil, mais l’action de diffuser me convaincra de tes dires – c’est valable pour beaucoup de choses : st Thomas, sors de cet esprit ! et pour moi, la photo est faite pour être exposée, publiée. Le prétexte d’attendre que je publie est compréhensible mais pas un argument assez convainquant pour moi. Pas de publication, pas de likes, pas de visibilité, pas de retour, pas de shooting. Le monde 2.0 fonctionne comme ça. Le nom l’indique et on l’oublie bien vite.
- On termine sur l’anonymat. Je n’ai pas non plus anticipé ce souci. Personnellement, c’est du portrait, pas de honte, pas de photos compromettantes, seules les personnes qui veulent poser. Mais oui, il y a en a eu quelques unes des photos compromettantes ! Il y a autant d’avis que de personnes. Photographier c’est entrer dans une intimité, sans que le photographe connaisse la situation vécue. Donc oui l’anonymat est important. Qui te dit que la personne qui flirte devant ton objectif est en couple légitime ou illégitime. Ou comment on peut mettre vite le bazar dans la vie de quelqu’un ? Ce n’est pas mon but. Je ne suis pas assez machiavélique ! (rire de sorcière). Outre, cela donne du boulot lors de la post prod, cela déforme la photo. dommage pour le beau sourire de cet homme ou le regard de braise de cette femme. Sans oublier certains vont vouloir un léger floutage, et d’autre un floutage efficace ! difficile d’expliquer, difficile de savoir. ..
– Solution : apporter un loup vénitien en dentelle. C’est mixte et beaucoup cache bien le visage. J’en ai qui ne seront pas utiliser car je n’aime pas trop en porter, me sentant étouffer rapidement.
Conclusion :
Je ne peux pas dissocier la professionnelle de la passionnée. Je suie entière. Mon métier est ma passion. Peu de choses peuvent m’empêcher de sortir mon appareil photo.
La professionnelle n’a pas un bon bilan. La passionnée est aux anges.
Si c’était à refaire, je le referai avec les quelques changements développés, avec la même passion !
Et qui dit un jour cela sera moi qui organiserait un apéro shooting de rêve…
Vous êtes beaux et belles ! Montrez vous !
Marmotte,
Entière et franche
les chiffres datent au jour de la publication.
Team photo by Sandy
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