Le syndrôme de l’imposteur

lyon ; statue ; the weight of oneself

« Je ne fais que de la merde », « est ce le client va aimer », « qui voudra acheter mon service », « à quoi ça sert que je me batte autant, pour aucun résultat », « pourquoi le client ne me réponds plus, qu’ai-je dit de mal », « je m’auto-saborde facilement », « je suis nulle », « je vais tout arrêter », « je n’ai pas les compétences », « les autres sont meilleurs que moi ».
Combien de fois, ces paroles résonnent dans ma tête ?

Quand on est freelance, seule face à son travail, à son agenda – vide – quand on voit le travail des autres, les autres affichant une vie plus belle que la notre, à qui tout réussit.
Attendre que les clients se décident. Attendre un paiement, un rdv, si on prend une initiative, cela peut être mal interprété. Si on ne se bouge pas, le client va pense « elle n’est pas intéressée par mon projet ». Si on s’implique trop, car on est passionné, que le projet nous tient à cœur, au risque de passer pour folle ou d’être déçue si le projet n’aboutit pas ».

Je dis folle car ce syndrome touche les femmes en premier. Due à notre éducation, au renvoi de l’image, au stress de ne pas pouvoir payer les factures, ou manger, au fait bien ancré si c’est un homme, il aurait réussi du premier coup et qu’une femme est incapable (surtout dans les métiers où l’homme est majoritairement représenté. Parce qu’une femme doit faire dix fois plus d’effort pour réussir. Parce qu’elle ne peut pas se consacrer à 100% à son activité, alors qu’elle doit penser à sa charge mentale à cause de la famille – mais aussi à l’éducation scolaire ou familiale qui n’encourage pas l’enfant à s’affirmer, à se faire confiance, à s’imposer.

Définition et histoire

Découvert fin des années 70 aux Etats-Unis, c’est une tendance psychologique à la peut et à la remise en question. Elle fait douter de ses propres réussites, malgré des capacités démontrées, elle accable d’une peur persistante et internalisée d’être présenté comme illégitime, pas être à sa place. On doute en ces capacités. En cas d’échec partiel ou une petite erreur cela devient une catastrophe.

Symptômes

Outre ceux présentés en introduction, une boucle de question se crée et s’enchaine. Cela peut être aussi associé, sur du long terme à une dépression ou burn out. Quand on est artiste, le syndrome s’accompagne du syndrome de la page blanche, incapable de produire quoique ce soit ou quelque de correct. Il peut aussi toucher les personnes qui ne pensent pas mériter leur succès. Les félicitations et autres encouragement mettent mal à l’aise, sont inefficaces.
On se sent nulle, on est incapable de voir nos compétences, notre valeur, on échoue dans l’obtention des contrats, on ne rentre pas d’argent, donc on s’enfonce encore, on se remet en question sans forcement penser que le problème peut venir du client. On rentre dans un cercle vicieux.
Quand en plus on est une femme dont sa vie est rythmée par les hormones. Les plus grosses crises peuvent arriver lors de la SPM où la chute d’hormone s’associent au syndrome et peut être assez violent.
La mélancolie, la tristesse, l’anxiété, la procrastination, le manque d’envie, les larmes sont les symptômes les plus courants.

Plus de 60% personnes souffrent de ce syndrome

On banalise ou dévalorise l’effort, une forme de modestie négative, « tout le monde peut le faire », « c’est simple à faire », « ça ne m’a pas demandé beaucoup d’effort ».
On est ultra perfectionniste ou un surinvestissement poussé à l’extrême pour compenser. On a tendance à dépenser beaucoup d’énergie ou de temps par rapport à la tache.

Reprogrammer son estime de soi

  • Allons aux Imposteurs Anonymes, avec Tom Hanks ou Michele Obama. A l’instar des Alcooliques Anonymes, le fait de prendre conscience et d’en parler libère la parole mais aussi on s’aperçoit qu’on n’est pas seul.e;
  • Nuançons les pensées négatives : identifier les preuves de réussites et les sentiments ressentis négativement. : doutons de nos doutes;
  • Acceptons les compliments sur notre travail : ne pas remettre en question la parole de l’autre qui nous envoie des pensées positives. S’en appuyer pour se revaloriser;
  • Accepter ses failles et arrêter de chercher la perfection parfaite et donc inatteignable;
  • Arrêter de se comparer aux autres;
  • Définir l’émotion qui nous envoie dans le syndrome de l’imposteur;
  • Faire une pause pendant quelques jours afin de pouvoir se vider l’esprit, en se concentrant sur des activités qu’on aime faire, pour renforcer sa confiance en soi, prendre soin de soi.

Si tu as dans ton entourage, une personne souffrant de ce syndrome :

  • La complimenter sincèrement sur son travail et/ou compétence;
  • La rassurer sur sa personnalité;
  • L’écouter, la contre argumenter, la laisser pleurer;
  • Lui montrer des preuves physiques de sa réussite ou de son accomplissement.

Etant donné qu’on ne sait pas comment est la personne qu’on rencontre dans la vie professionnelle que cela soit un client ou un fournisseur, un responsable ou un collègue, être sincère dans son comportement à tout moment, tout en étant attentif aux appels de détresse, même infime : un minimum d’empathie.

Je pense – ici je m’adresse aux clients – arrêter de penser à son confort égoïste, derrière une excuse banale (« je n’ai pas le temps ») et être un peu plus démonstratif sur une réussite au lieu de la jalouser. Aussi l’éducation au sein de la famille ou à l’école, valorisant la confiance de l’enfant (sans le surprotéger ou le sur évaluer) aidera le futur adulte qu’il sera – pourraient éviter de développer ce syndrome.

N’étant pas psychologue, juste atteinte de ce syndrome, ce sont juste des pistes que je peux attendre d’autres personnes, de mon entourage ou simplement suivre quand je vais mal.

Marmotte,
Psy et patiente.

Team photo by Sandy

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