L’inspiration

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Quel que soit le type d’art, l’inspiration est la base de l’activité. Si aucune inspiration, la page restera blanche.

Où se trouve-t-elle ?

Notre culture générale : les livres, les expos, les films, la mode, la gastronomie, les arts plastiques, les arts graphiques, la sculpture, les photos, les peintures, les musées, la nature, etc.

Sortir, lire, regarder peut, aux yeux du monde n’est pas travailler, au contraire, l’artiste se nourrit.

Sans oublier notre histoire (personnelle ou la grande !) les voyages, la connaissance de ce qui nous entoure, ce qui nous touche, nous ressentons, nous sentons,  nous voyons, nous touchons, nous goutons.

La curiosité, la découverte, l’envie de comprendre comment la vie fonctionne, sont les bases.

Cette connaissance nous apporte les idées, les réflexions, les envies. On s’inspire d’œuvres, (nous ne sommes pas des copistes) on actualise, on réinvente, on change de vision, de regard, car il a évolué.

Ce qui amène à dénoncer des combats – nouveaux ou anciens – des idéaux, on déconstruit un mode de vie, ou on le réinvente. On véhicule de nouveaux messages, idées, manières de vivre, de penser. C’est par l’art, et par extension en son inspiration, que les sociétés, les mentalités évoluent.

Comment cela se ressent ?

L’inspiration se déclare au fond de soi, de son cerveau, de ses tripes, de son cœur, de son état d’esprit, d’humeur.

Certains créent quand tout va bien. D’autres puisent leur inspiration quand tout va mal : l’artiste torturé est le cliché numéro 1.

Elle nait par notre connaissance, notre culture, notre vision. Elle ne s’invente pas. Elle ne ment pas. Elle ne tombe pas du ciel ! Elle est parfois là, parfois présente par intermittence. Parfois totalement absente : la célèbre page blanche.

Quand elle est présente, elle donne des ailes à l’artiste. Le rend fort, l’amène dans un état second, comme transcendé. Il se sent vivant. Il sent chaque cellule de son corps et son cerveau vibre. C’et parfois même à la limite de l’orgasme. C’est puissant. Les idées pleuvent de partout, le cerveau est en ébullition totale. Elles se bousculent. Plus rien n’existe sauf l’envie qu’elles prennent forme. Que le résultat soit à la hauteur de ce qu’on imagine. Et là c’est encore plus grandiose. Le bonheur est palpable. Cette plénitude est éphémère. Pourtant les doutes arrivent toujours à un moment. La remise en question est inévitable – est ce bien, joli ? Est-ce le bon message ? Est-ce que je veux exprimer ? Est-ce que ça va plaire ? Puis-je faire mieux ? Autrement ? Etc. – pour évoluer l’œuvre. Pour aller se chercher plus loin. Pour mieux faire.

Quand se manifeste-t-elle ?

Cela dépend de l’artiste. L’inspiration n’a pas de montre, n’a pas de code. Elle est intime. Certaines personnes l’exerce, la discipline en travaillant à des heures fixes, quelques heures, souvent une ou deux heures le matin. Trois ou quatre heures en soirée. D’autres la laissent venir, arrête tout pour se consacrer à elle. Ou encore, prend des notes puis les assemblent tel un puzzle à reformer, dès que l’humeur est bonne.

Elle peut frapper lors de balades (la marche permet de se vider la tête, de prendre de la distance, de s’évader : le cerveau fonctionne différemment, cela permet de le laisser vagabonder), tout comme la méditation, la pratique d’un sport qui permet de lâcher totalement prise, se détendre. Cela permet aussi d’oublier cette pression qu’on se/nous met.

Apprendre à se connaitre, pratiquer un sport, sortir pour décompresser, voyager pourraient paraitre une perte de temps, pourtant il permet malgré tout le travail involontaire de l’hémisphère droit du cerveau. Cette partie contrôlant les émotions, les pensées, les comportements et la créativité.

L’inspiration est souvent comparée à une maitresse, la muse qui accapare l’esprit, le temps, le cœur de l’artiste.

Qui peut être inspiré ?

Evidemment tous les humains n’ont pas un métier artistique. Mais tous peuvent être inspirés, inspirants. Les métiers ne sont pas soumis à l’art, tel que les métiers de la santé par exemple, le simple fait de trouver des moyens pour divertir les patients le temps d’une piqure, ou rassurer une personne en panique est une forme d’inspiration.

Des métiers plus sérieux comme un architecte ou pénible comme femme de chambre sont soumis à l’inspiration. Le premier a un cahier des charges de sécurité, principalement mais l’immeuble doit intégrer dans un paysage ou plaire aux passants. Le deuxième, la pénibilité peut être énorme, le simple fait de chanter permet une évasion ou plier les serviettes d’une façon agréable ou encore arranger un bouquet dans le hall ou je pense à l’instant à trouver rapidement une solution à un problème survenu, juste avant l’arrivée d’un client. Tous les métiers peuvent être soumis finalement à l’inspiration. C’est à la personne de puiser en elle, cet imaginaire.

On ne peut pas exiger à un artiste de se poser à 9h derrière son bureau, et travailler 7 heures, pour finir à 17 h avec une idée fixe, vague, précise, finalisée. Certains métiers soumis à l’inspiration peut être exécuté mais le travail de réflexion peut être plus long ou trouvé en dehors des horaires imposés.

Avant d’arriver à cette étape, cette inspiration devrait être enseigné à l’école : l’enfant côtoie et est rempli de ressources dont il ne connait pas. Or à l’école, on bride cette créativité en imposant des règles. Je ne parle pas de laisser faire n’importe quoi à l’enfant. Mais en sport, en art plastique, en technologie, en musique, l’enfant – sous réserve qu’il reste le matériel et les personnes – devrait laisser court à son imagination. Ne pas lui mettre trop de restriction. Afin de lui permettre de fouiller autour de lui, de travailler son cortex droit, de s’exprimer. Il en sera récompensé à l’âge adulte car il saura trouver la ressource pour s’en sortir dans la vie.

Et alors, nous ?

Quand on est en shooting, pour revenir à notre activité, toutes les étoiles personnelles doivent être alignées – les étoiles professionnelles s’alignent au fur et à mesure de la préparation du shooting.

L’humeur, l’intuition, la préparation en amont, avec le modèle (communication, je te le dis, une valeur sure !) sont essentiels. Mais le shooting est une page blanche avec les idées peu précises finalement, puisque c’est le modèle qui va concrétiser. Puis ce 1er jet lancé sur du papier glacé, la retouche, donne le final ou se transforme pour donner une autre ambiance.

L’effort de l’inspiration est donc double. Il faut se replonger dans le shooting, le magnifier. L’humeur peut être différente à ce moment. Il est primordial de retrouver l’humeur inspirée du jour du shooting. On est tous d’accord, qu’un jour à un autre, on n’a pas la même humeur. C’est pourquoi l’envoi des photos peut varier. L’inspiration ne se commande toujours pas. Parfois on n’est pas fier du shooting, on ne peut pas le recommencer. On doit alors trouver un nouveau souffle d’inspiration pour rattraper un shooting.

(Quand je dis ‘on n’est pas fier’ ne veut pas dire qu’il est raté, les photos sont correctes, le client est satisfait. Cela veut dire qu’on n’était pas en forme, pas inspiré, pas d’humeur, qu’on sait qu’on aurait pu mieux faire. Je ne parle pas de technique mais de l’artistique, ce qui va toucher, émouvoir ou éblouir).

L’inspiration est volatile, éphémère. Savoir le capturer pour l’utiliser plus tard, à bon escient est un art, un don. Elle aide à nous libérer, nous exprimer, a te faire partager nos envies, notre vision. C’est un bout de soi qu’on laisse à l’œuvre.

Team photo by Sandy

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