Nouvelles règles

dieppe ; plage ; coucher de soleil

30 à 50 ml par mois. 12 mois par an. Pendant environ 40 ans.

Ce que perds en moyenne une femme, de son corps.

Sans oublier les douleurs, la grossesse, la fatigue, les serviettes hygiéniques qui entourent les règles.

Ce que nous payons

Que ce soit à cause de Dame Nature ou de la faute d’Eve pour son pêché, les règles sont une réalité pour une majorité des femmes. Quelque chose qu’on ne peut éviter.

Un période qui revient chaque mois. Qui nous coute cher. Les hormones qui font les montagnes russes, les douleurs – ventre ou tête – les médicaments qu’on avale pour limiter les douleurs, gérer les hormones ou le flux, les protections hygiéniques à 5€ le paquet. Et le tout sans remboursement de la sécurité sociale.

Pilule ou protection, pas ou peu remboursée pour la première, non remboursée pour le deuxième. Quand on veut arrêter de fumer, il y a un remboursement sur certaines consultations, médicaments. Les règles rien. Fumer n’est pas une obligation, pourtant. Les règles, si ! Est-ce que cela serait la même chose si les hommes auraient des menstruations ? Est-ce en 2023, aucun membre politique ne veut prendre le sujet à bras le corps ou juste un oubli, un ‘circulez, y a toujours rien à voir’ ?est-ce que parce que cela touche qu’une partie de la population – à savoir le ‘sexe faible’ donc cela ne touche pas l’autre partie ?est-ce parce que la société patriarcal reste aveugle et il faut le cacher, parce que cela a toujours été comme ça ?

Beurk

Parce que quelques jours par mois on est souillée. Car oui le sang est pur quand il coule de l’homme qui se sacrifie sur le champ de bataille, mais il est sale quand il sort d’entre les cuisses d’une femme.

Regarde les pubs des serviettes hygiéniques, le liquide n’est pas rouge mais bleu ou transparent. Alors oui, Nana a fait une pub qui représente un personnage animé dans une grotte qui ressemble à un utérus et qui déclenche les règles par un bouton. Parce que bon il ne faut pas traumatiser les hommes, les femmes. A moins qu’il faille protéger les enfants ? De la réalité ? On censure même une pub qui suggère une femme au corps meurtri d’un accouchement. Parce qu’il ne faut pas montrer la réalité et fantasmer le merveilleux évènement de la naissance.

Hé ! Les mecs ! Les femmes nous le vivons, le vit même plusieurs fois. Pour le sang, on le voit, le contrôle, le sent, dont nous le cacher, de quel but ? Nous protéger ? Ce liquide bleu qui coule d’une éprouvette pour démontrer que la serviette absorbe plus que les autres ne me fait pas confiance. Le sang n’est pas un liquide bleu, mais un liquide particulier, avec son gout, son odeur, ses caractéristiques et oui c’est beurk. Ce n’est pas joli, mais cela fait partie de nous. Est-ce plus banquable avec du liquide bleu ?

Oh ! ca va c’est du sang !

Crois-tu qu’on se sent bien lors de cette période ? Qu’on l’accepte facilement ? Ah non ! On le subit, on l’assume, on vit avec. Et on ne dit rien. On a mal en silence. On les maudit car elles sont là ou pas là. On s’oblige à garder le sourire quoi qu’on en dure.

Certains pays ont mis en place un congé menstruel. Quand on est bloqué au lit, tordue de douleurs, fatiguée, le corps lourd, où deux pas sont un effort considérable, le budget qu’on passe là-dedans : pilule ou protection, je pense qu’un jour par mois offert pour chaque femme menstruée et sans avis médical, serait le minimum. Effectivement, il y a des cas particuliers comme celles qui auraient besoin d’un jour de plus ou celle qui ont aucune douleur ou celles qui ont des cycles courts donc cela tomberait deux fois dans le mois, ou celles qui les ont sur leurs jours de repos, ou qui abusent du système etc. le cas par cas serait alors posé. La confiance devra être de mise et aucune discrimination supplémentaire ne naitra lors du recrutement. Une réflexion est à prévoir mais comme toute avancée sociale, après tout.

Cela coute si cher ?

La pilule peut être gratuite (voir remboursée) ou payante (et non remboursée). On le sait quand on va chercher à la pharmacie ! La mienne, prise pendant 7 ans, était une 4ème génération et non remboursée. Elle coutait suivant les pharmacies, l’inflation ou l’alignement des planètes, entre 25 et 35 € pour 3 mois. Avec le renouvellement trimestriel ou annuel, plus le frottis imposé (pour rappel, un frottis est conseillé tous les 3 ans). Cela commence à faire un budget alors que la capote est à 5 € le paquet ! C’est un autre sujet !

Rajoutons le paracétamol pour calmer les douleurs.

Sans oublier les protections : serviettes, tampons (cancérigènes ou peu pratique : la ficelle qui disparait subitement) cela coute entre 2 et 10€ suivant la marque, la forme, l’épaisseur, la senteur, la douceur. Et c’est polluant : on a découvert que les dauphins ne kiffaient part trop les serviettes en dessert !

Cups, serviettes réutilisables, éponges, culottes menstruelles sont nées. En plus d’être écologique, c’est économique. Par vraiment à l’achat, mais vite rentabilisé.

Cups et éponges, je n’ai pas testé, je n’ai pas confiance en l’efficacité et placé ce bidule en moi, pas trop mon truc. Serviette réutilisable, je ne les trouve pas esthétiques et jamais vu en magasin. J’ai utilisé des serviettes jetables, quand elles se déplaçaient par n’importe quelle raison, c’était assez désagréable. Alors juste retenu par une pression, ça me parait léger surtout quand on bouge beaucoup !

Et puis ras les serviettes ! Les jetables, ça gratte, ça colle trop ou pas assez, c’est pas confortable, ça bouge, ça doit se changer toutes les trois heures.

Et un jour miracle, la culotte menstruelle est arrivée. J’ai attendu la sortie en magasin de la culotte Smoon d’Etam, pour la toucher. Imagine la partie absorbante qui n’absorbe pas ! L’horreur ! 90€ les 3 c’est un budget mais qu’est-ce qu’elles sont confort, mignonnes et absorbantes. Au début, j’ai testé à la fin des règles, puis un jour sur deux, avec une serviette que je ne supportais plus du tout. Puis j’ai testé dès le premier jour – en mode cocooning, dans mon lit, avec une serviette éponge sur le popotin, au cas où. Et rien. A part mon mal de ventre. Mais aucune fuite. Comme une liberté retrouvée. De m’habiller comme je veux (avec une serviette, oublie la minijupe moulante et sexy). D’aller aux toilettes du travail et d’oublier la trousse spéciale serviette menstruelle. D’avoir entre 5 et 7h (contre 2 ou 3 h pour une serviette) de confort sans crainte (suivant le flux).

Au fil des mois, d’autres marques comme Dim ou Nana (non testés) ou Undiz ont développé leurs gammes. Etam a retravaillé son design : plus sexy, plus féminin. Leur durée de vie est de 5 ans. Elles peuvent même être accompagné en renfort du tampon, cup ou éponge pour le célèbre ‘au cas où’.

La seule contrainte, c’est le lavage. Car oui, il faut les nettoyer, après chaque utilisation avant que le sang sèche sinon c’est foutu et à l’eau froide avant de l’envoyer à la machine sans adoucissant. Le séchage doit être naturel dont un peu long.

Avec l’expérience, j’ai découvert – et compléter par la même occasion ma collection de culottes – qu’une dizaine de culottes est nécessaire pour une période de menstruation sans avoir à flipper d’être à court de culottes sèches et propres et en les changeant entre 5h et 12 h maximum, suivant le moment des règles.

Pour rien au monde, je rachèterai des serviettes jetables ; il m’en reste encore quelques-unes car j’en retrouve au fond de mes sacs.

Grace aux culottes, j’ai accepté cette perte non regrettée. Je le vis mieux. Enfin différemment.

Team photo by Sandy

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