Ce tout nouvel acronyme signifie Semaine Pré Menstruelle.
C’est-à-dire la semaine où les quelques jours qui précèdent les règles. Cela concerne évidemment le genre féminin qui est soumis aux menstruations.
Je ne vais pas parler de la partie médicale. Ni psychologique. Car je ne suis pas médecin. Il commence à avoir des livres (ou des chapitres dans certains livres) de blog, de podcast sur le sujet. En tout cas, ça commence enfin à en parler de façon plus libre.
Je vais parler de mon vécu. Ce que je ressens.
S’il peut juste résonner en toi. Ou mieux comprendre ta compagne qui le vit. Mettre des mots sur un symptôme pas si grave, après tout – mais qui explique beaucoup de choses.
Qui est responsable ?
Avant on disait avec une pointe de sexisme, qu’une femme qui s’énerve facilement ou est lunatique, qu’elle va avoir ses règles.
Oui c’est à peu près ça. Les règles se déclenchent grâce à des hormones. Et ces hormones impactent la femme.
Certaines femmes ne sont pas ou peu impactées car elles prennent la pilule qui régule ces hormones. D’autres rien. D’autres vont passer sous silence, subir sans comprendre ou souffrir en silence car nos ainées se sont tuent donc pourquoi j’irai me plaindre.
Chaque femme réagit différemment. Et chaque mois, les manifestation sont différentes. Sinon ce n’est pas drôle.
Nous, les femmes, sommes ‘dirigées’ de l’adolescence à notre mort, par nos hormones.
Comment ça se manifeste ?
De mon point de vue. Je pense toutes les femmes ont à peu près les mêmes symptômes voir d’autres. Je dirai qu’il y a autant de symptômes que de mois :
- Cela peut être un rhume. Qu’importe le médoc avalé, le rhume s’estompe mais ne s’en va pas. Si on maintient le médoc, le nez ne coule pas, les règles non plus. On ne fait que retarder l’échéance. Comment on sait, le rhume dure en général 5 jours, il faut entre 12 et 24 heures pour évacuer le médicament pour changer de traitement. Et comme par magie, durant ce laps de temps, les anglais débarquent ! Le nez se libère de tout rhume !
- La nervosité. Tout m’énerve : les gens, mon lit, la solitude, mes amis, la télé, le bruit, le silence, la musique, la lecture, même moi-même ! Pour rien arranger, tout ce que je touche se casse, je ne suis pas patiente, encore moins que d’habitude.
- La fatigue : je dors 12 à 15 heures dans la journée – mon surnom marmotte est bien choisi ! – en deux ou trois fois. Des gros coups de barre, même après avoir avalé du café. Chaque activité m’épuise. Parfois j’ai l’impression de somnoler toute la journée.
- Le manque de motivation : envie de ne rien faire, de voir personne. Même mes passions, je m’y désintéresse. L’auto détermination est cassée.
- Zéro libido : aucune envie de m’envoyer en l’air. Même jouer toute seule est impossible. Je suis aussi sèche que le désert. Le pire est, parfois, un acte sexuel au cinéma (donc soft) me dégoute. Voir même une fois, un baiser de cinéma m’écœure.
- Fringale : je bouffe, grignote plus souvent et plus. Moi qui ne fais pas particulièrement attention. Je mange à ma faim, dès que je suis rassasiée, je m’arrête. Je mange car j’ai besoin de force. Je ne repends pas par gourmandise. Quand la S.P.M., j’ai faim, quasiment tout le temps. Même après une raclette, qui en général se termine par des tranches d’ananas, une glace ou une orange, là je termine par un gâteau. Pourtant je ne suis pas très gâteau. Je préfère les fruits. J’ai besoin de sucres durant cette période.
- Dépression : je rumine. Je me sens nulle, incomprise, idiote, inutile, incompétente, inefficace. Ma vie est très compliquée à gérer, je n’y arriverai plus, j’ai plus la force. J’ai raté ma vie. Mes douleurs d’amoureuse, mes peines me reviennent en pleine face. Comme si je les revivais. C’est le symptôme le plus difficile à gérer. Imagine toi revivre une rupture ou un échec dont tu as mis du temps, et de l’énergie à t’en sortir et là tu as l’impression de tout recommencé. De mauvaises idées passent par la tête. Le creux de la vague est très bas. Avec cette impression de ne pas pouvoir sortir la tête de l’eau.
- Les douleurs physiques : mal aux seins, étirement dans le ventre, mal de dos, de tête, d’oreilles, de dents, sinus, des frissons, des coups de chaleur.
- Une sensibilité décuplée : une empathie augmente. La lumière, le son, le comportement de certaines personnes, l’injustice, le mal fait aux êtres vivants, la violence en général, un film triste et une inondation de larmes s’abat alors qu’en temps normal, juste une larme aurait coulé. Une crise de rire un peu trop prononcée pour quelque chose qui aurait habituellement tiré juste un rictus.
Imagine l’accumulation de certains signes sur cette période. Et ceci, chaque mois. Sans savoir sur quoi on va tomber.
Comment le vivre ?
On peut totalement l’éclipser par une pilule miracle. Le subir. Ou apprendre à écouter son corps. J’ai commencé, malgré moi, avec la pilule. Les symptômes étaient légers : un petit rhume, ou un agacement. A cette époque, aucune information, un tabou existait, la jeunesse, je ne savais pas ce que je vivais. Puis à l’arrêt de la pilule (suite au scandale de Diane 35 et raison financière), j’ai morflé. Toujours pas informée, toujours tabou, je subissais dans l’incompréhension. Ma mère, ma grand-mère, c’était pour elles un sujet tabou. Les douleurs, les ressentis, je m’en faisais un film : cancer, maladie rare, vraie dépression, mal être général. Incapable de le gérer.
Et puis un jour, un miracle. J’ai écouté mon corps. Je me suis posée et il m’a tout raconté. Alors je me suis mise en quête d’information, notamment des livres autour de la violence gynécologique, le post partum, la pilule, les règles, le féminisme, l’écoute de son corps. Je n’ai pas encore trouvé un livre entièrement consacré au S.P.M.
Le confinement a beaucoup aidé. Puisque plus du tout soumise à la pression extérieur, à la pression qu’on se met seule, consciemment ou non. J’ai respecté les messages de mon corps : écouté, il m’a apprit. Tout ce que j’ai pu lire s’est confirmé. Et tout ce que je vivais était naturel, normal, je n’étais pas la seule, je n’étais pas folle.
Rassurée.
Ce n’est pas un handicap ou en tout cas, je refuse de le voir comme tel. Je ne me prive de rien. Je l’écoute. Je calcule chaque mois ma période menstruelle. 5 à 7 jours avant je sais. Je me prépare mentalement. L’arrivée des pertes blanches est un bon indicateur. La baisse de libido est vécue moins dramatiquement. J’écoute attentivement mon corps. J’accepte les changements. Je découvre comment je vais être mangé, et découvre de nouveaux. Je vais à son rythme. J’accepte. Si j’ai sommeil, je dors. Si j’ai l’énergie, je l’utilise. Si j’ai envie de rien, je glande, mon cerveau enfin en pause. Si les gens m’énervent, je m’en éloigne. Je m’installe et me pose la question « que veux-tu faire ? Vraiment ? ». Pas ce que je dois faire ou devrais faire. Mais ce que je veux faire : si c’est dessiner, je dessine. Si ça m’énerve, je m’arrête. Si je veux manger, je mange. (Je note sur mon agenda de doubler les heures de marche ou de sport, une fois les hormones reviennent à leur équilibre). Si je vais à la piscine, au lieu de faire 30 minutes, j’en fais que 20 ce n’est pas grave. C’est bien. Positif. Si je veux faire de la photo, je trouver un spot, un objet, je shoote. Si je veux dormir, je dors, etc. c’est mon corps qui dicte mes activités.
Conclusion
Depuis que j’écoute mon corps, ma S.P.M, ou tempête hormonale, petit nom plus glam, trouvée depuis le début de l’année, se passe mieux.
Ce n’est pas toujours facile, surtout le premier jour. On se réveille et ça nous tombe dessus, sans vraiment être prévenue.
Je pense mon corps va encore me réserver de nouvelles surprises. « T’inquiète, je suis prête. Je t’écouterai, j’analyserai, on va se lier pour passer ce nouveau cap ».
Alors toi, avant d’accuser une femme de son comportement soit disant lunatique, lui reprochant l’arrivée des règles, en la rabaissant au sexe faible, demande toit comment elle le vit, comment toi tu le vis ou vivrais. En parler briserait un tabou et aidera des milliers de femmes et par extension d’hommes à comprendre.
Quand on est en tempête hormonale, la vie nous impose d’effectuer des taches qu’on n’aime pas faire. Nous devons absolument trouver un moyen de rendre la tache plus douce, de l’aide, décaler l’action, accepter de lâcher prise pour se préserver. Arrêter de se faire du mal. Ne plus avoir honte de ses hormones qui nous dictent nos réactions. Sans oublier ce sont elles qui nous donne de la force, de l’envie, nous permettent de donner la vie.
Prenons soin d’elles, jonglons avec elles.
Team photo by Sandy
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