Souvenirs, souvenirs

Rennes ; fontaine ; sculptures

En ce mardi soir, je dois avouer que ma muse n’était pas à mes cotés. Je n’ai pas envie de chiller, non plus, ni dormir. J’ai envie de faire autre chose que de la prospection clients, marketing, communication ou administratif, ni même attendre patiemment ma muse.

Je décide alors de m’attaquer au gros dossier « à classer » qui m’attends depuis plus de 7 ans. Des documents en vrac datant principalement de ma période en couple entre 2015 à 2017 environ. Le dossier ‘vide-poche’ – à l’image de cette boite que nous avons tous, où l’on pose tout et n’importe quoi en se disant qu’un jour, ca serait bien de jeter un coup d’œil, de faire du tri, de ranger. – Il contient des pdf, des jpeg en double ou en triple, copiés dans d’autres dossiers, disques durs, des documents word et surtout 95% des photos de mon ex et de son chien. Des photos tests d’eux, de Paris, témoignages d’une relation qui a existé, test photo d’appareil photo, d’objectifs, des photographies sur et sous exposées.

Une fois que j’ai trié les images concernant une partie du week end au Puy du fou,
Un des deux week end qu’on s’est offert. Moi, qui avait eu un bon souvenir de jeunesse avec les spectacles toujours impressionnants, j’ai pu profiter en tant qu’adulte (certes un peu en manque d’énergie, du aux règles – elles arrivent toujours au bon moment, celles-ci !) et shooté comme une dingue pour garder un maximum de souvenirs. Et à cet instant, je sais que j’avais traité une partie du week end, je me pose la question ‘est ce que ce sont des copies de photos ou est ce une suite non traitées. Recherche sur clé de la réponse : en cours de chargement.

Les longues balades dans Paris

(parfois jusqu’à 10 km en une journée), marcher ne m’a jamais fait peur, même j’aime ça – encore un truc que je tiens de mon grand père. Trouver quelqu’un qui aime marcher, c’est pas simple, voire c’est rare. Nous faisions principalement Barbès, ile de la cité, aller retour. Avec des exceptions et autres contours pour découvrir le Paris caché et s’éloigner des points touristiques. Tymoon, son chien, et moi étions bien contentes de trouver un canapé bien moelleux pour nous y effondrer.

Des entrainements de slackline

De, cette fois ci, monsieur où les demoiselles gloussaient en matant un corps se mouvant sur une sangle large de 5 cm et de ces damoiseaux aux corps sculptés par la fonte qui frimait ‘trop simple’ avant de se ridiculiser et râlant au bout de deux pas car échouant de marcher sur cette satanée sangle. La flippette du vertige que je suis, même à un mètre du sol, n’a jamais tenté l’expérience. Pas de tapis de réception, pas d’essai. Avec ma chance, c’est un coup à se retrouver à l’hôpital !

Mais aussi mes premiers essais de photographies avec un modèle masculin, en portrait et nu. Faut avouer que j’étais fan de ce cul musclé et d’un corps joliment dessiné, sans tomber dans l’excès. Une ouverture d’esprit et une attitude naturelle m’aidaient beaucoup… l’amour aussi un peu, peut être ! Un peu de sa faute si une de mes spécialités en photo est la photographie masculine et nu. Tout cela réveille des émotions  contradictoires entre regrets et midinette flashant sur le beau mec du lycée qu’elle n’aura jamais. Haine à l’aimer ou aimer le haïr – des montagnes russes d’émotions contradictoires. Des questions sans réponses ! Peut être en reprenant les photos, trouverai – je une réponse dans son regard ou attitude ? Des années après. Mais hors de questions que je reparcours le chemin de souffrance et de guérison que j’ai parcouru. La cicatrice sera toujours apparente sans douleur, juste pour me rappeler que l’amour, au final, fait mal, mais qu’il apporte beaucoup, une force, un caractère, une envie.

Natation

Sans oublier les sessions de natation de son Aquali de chien, attirée par l’eau dès qu’un point d’eau se profilait
nous avions un point de chute, la plage de Tymoon, je tairais le lieu exact puisque malgré 3 ans où je ne puis me rendre sans pleurs pour cause de souvenirs trop vifs, je m’y pose régulièrement. Pour y être relativement tranquille, lire, bosser (j’y suis en écrivant ces lignes) ; coin connu par les vrais parisiens qui cherchent la même tranquillité… sauf quand Tymoon y allait faire ses longueurs à la recherche de la baballe avant de s’ébrouer.
C’est évidemment interdit, on s’est fait remonter les bretelles par la police maritime, qui elle-même fonce sur la Seine. Et dangereux, il y a du courant au milieu du fleuve, des péniches, les bateaux mouches, la navette ministérielle qui relit Bercy à l’assemblée national ou encore les entrainements des pompiers. Cela me rappelle, une fois, où un pompier plongeur s’est retrouvé nez à truffe avec Tymoon !
Aussi la Seine n’est toujours pas propre (le sera-t-elle un jour ? vu la merde qu’on y jette) et ce crocodile légendaire s’y baignant depuis des siècles ! D’autres chiens y pataugent mais jamais aussi loin que notre nageuse, surnommée parfois Aquali en référence au Pokémon évolué d’Evoli : un chien à la queue de poisson !
Le spot bien connu de Tymoon – on devait la promener à la laisse à son approche – bien éduquée, elle marchait aux pieds sans laisse, elle le reconnaissait 100 mètres avant. Je volais littéralement quand c’était moi à l’autre bout de la laisse ! Je photographiais donc, le lien maitre/chien indéfectible qu’ils avaient, l’impatience quand ils m’attendaient à l’entrée du square que je shootais, cette complicité entre l’homme et son chien. Plus de 1200 à trier.

Des centaines de kilomètres dans Paris, des monuments photographiés de Montmartre au Louvre en passant par le Marais. Plus de 1500 photos à trier.
Que de souvenirs.
Des photos bien sur publiées, sur le site, sur les réseaux, peut être dans un livre, une expo. Et une nouvelle complexité de recontacter son ex pour lui demander son droit à l’image et le convaincre d’accepter… affaire à suivre.

Des souvenirs à la pelle

Traces d’une autre vie, de sentiments, de ressentiments, d’émotions qui reviennent comme une madeleine de Proust ou comme un tube des 2 be 3 (les ados fans des boy bands fin 90, savent) qui passe à la radio, les paroles reviennent naturellement, la joie, les larmes d’un passé encore présent, d’un passé plus que parfait, mais qui passe trop vite.

C’est aussi ça mon métier, figé le temps heureux, pour le revivre autrement, avec le recul, avec les leçons, avec nostalgie ou avec joie et le partager sereinement et se dire qu’on est fier de l’avoir vécu. La preuve qu’on est vivant, que ça a existé, qu’on n’a pas rêvé. Sans forcement tomber dans un excès mal sain ou psychologique. Se dire qu’on l’a vécu, que c’est bien. Ça a aider à être plus fort, mise sur le chemin, donner un nouveau souffle même si on a souffert alors ça veut dire que je l’ai vécu à fond. Et qu’aujourd’hui ce passé continuera dans le futur…

Merci

A mon Loup, a Tymoon.

Team photo by Sandy

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